Principes

Partir de l'expression corporelle et des exercices basiques ( peuvent être inspirés des techniques de base du strectching, brain gym, taï chi, danse contact). Ce sont des exercices respiratoires et gestuels ( pour une découverte, appréciation, appropriation de l'espace, pouvoir suivre un rythme, savoir exprimer par les gestes, sentir, être attentif et présent à son corps) pour amener à une prise de conscience de son corps . La séance idéale se déroulerait selon un enchaînement de séquences comme :

le corps se reconnaît, point de départ

le corps joue, le dynamisme vital est libéré

le corps sent, prend conscience et maîtrise

le corps se recueille relaxation

le corps existe improvise spontanément

le corps rencontre dimension collective de l'expression

le corps crée et signifie dans un espace rythmique

Cela s'explore sur les différents axes:

toi et ton corps exploration, sensations, actions,

toi et la nature les cycles de vie, l'organistion biologique

toi et tes sentiments ton royaume secret, le domaine de l'art , l'expression et la communication.

Toi et les autres responsabilité, écoute, dépendance, attention, partage

toi et les formes, dessin , direction, déplacement, l'espace, l'écriture

toi et la musique le rythme les sons , mélodie, ponctuation, construction, partition

avec travail sur place debout, en mouvement, pour sentirles appuis, l'équilibre,la notion de verticalité, de volume occupé dans un espace à trois dimensions, avec travail de déplacement de coordination, rythme, improvisation mais aussi travail de relaxation au sol, ressenti du tonus musculaire, de l'exitation, du relâchement.

Les sensations, les émotions, les intentions sont décryptées, sont exprimées verbalement, dites, confiées, partagées. Les propos sont consignés sur mon carnet, les enfants tiennent le leur, soit en continu comme à l'école des Bouchoux, soit sur une feuille, le temps d'une séance pour les classes du collège où il s'est révélé impossible que chacun ait un carnet pour ce travail particulier. A la fin des séances, je ramasse les feuilles, j'en tire des bribes et des fragments. Ils se trouveront ajoutés aux exercices d'ecriture à contraintes initiés à la suite des exercices d'expression corporelle, toujours ayant trait au thème, après lectures de textes "modèles" ou "starters" d'écriture, eux aussi illustrant le thème. A la fin de la séance, des fragments et bribes sont lues, enchaînées, enregistrées, et avant de commencer la séance suivante, un temps est réservé à la relecture et amélioration des bribes et fragments recueillis, extraits des feuilles et carnets. Le texte collectif ainsi cousu sera mis en bouche et en voix petit à petit pour arriver à une production finale présentée le 26 mai à la salle des Fêtes de St-Claude.

lundi 2 mai 2011

FINAL récapitulatif de l’intervenante


FINAL récapitulatif de l’intervenante
D’abord remercier l’ensemble de l’équipe enseignante qui m’a accueillie et qui m’a fait confiance. Je conçois qu’au départ le projet avec son aspect « travail corporel » n’était pas facile à imaginer fonctionner en classe.
A la fin des six séances je peux faire ce constat:

Les élèves réticents à la lecture à voix haute ayant pris l'habitude soit de prendre la parole soit de lire systématiquement leurs productions, se trouvent beaucoup moins en difficulté, cela est vrai pour toutes les classes. Mais spectaculaire est la métamorphose de quelques uns. Je pense à Léa, dyslexique, qui lors de la dernière séance a écrit un texte magnifique avec le sourire. Enthousiaste et fière d'elle, elle m’a avoué avoir découvert le plaisir d'écrire. Je pense à Fatma qui au début des interventions se cachait presque de peur que je lui demande de participer, qui n'avait pas d'idées, qui rougissait dès que je la regardais, lors de la sixième séance a été la première à lire son texte, avec le rose aux joues mais un sourire éclatant, comme libérée d'un poids, comme s'autorisant enfin à prendre du plaisir. De même Hugo, Fathi, écrivant des choses banales au début des séances, ont trouvé en eux des choses originales à partager avec humour dans de courts textes mais quand même, quel progrès!
Je pense à Anaïs, souvent seule, voulant se mettre à l'écart, se faisant presque oublier, presque transparente, qui lors de la dernière séance non seulement a lu d'une façon affirmée son texte très personnel, a participé comme jamais, visiblement heureuse de bouger, de travailler en s'amusant. Je pense à salima qui lors de la quatrième séance semble avoir gagné une nouvelle envergure. A tout juste neuf ans, elle écrit un texte de trois pages, qu'elle lit avec assurance et conviction, où elle exprime par le truchement d'une pierre secrète, plate et aux pouvoirs magiques, ses rêves de liberté et d'autonomie, de futur radieux... Le maître me dira plus tard qu'elle est le témoin de violences à la maison, qu'elle a déjà exprimé de façon décidée et lucide : " Etre libre ça veut dire grandir et partir faire ma vie."Cette élève est scolairement parlant en grande difficulté. Les six séances ont révélé une autre Salima, capable d'attention, capable de trouver des ressources, de réussir ... pour ... grandir et faire sa vie!!!  Il y a aussi Shaïma, discrète et l'air sérieux,qui de séances en séances améliore la qualité de ses textes jusqu'à celui de la sixième séance qui est l'un des plus beaux lus ce jour là. Une transformation tranquille et sans bruit s'est opérée en elle.
Je pense à Tom qui lorsqu’il est stimulé sans relâche arrive à produire et à sentir sinon comprendre le passage magique du simple écrit banal à la poésie.
Je pourrais aussi décrire les stratégies des uns et des autres pour soit pour retenir l'attention, soit pour échapper à la surveillance et pouvoir mieux rêvasser, moins travailler .. . c'est de bonne guerre!!
Manoeuvres de séductions mises en place par quelques garçons, manoeuvre de "chantage affectif" mis en place par quelques filles ...
Et puis dire comment la confiance s'installait petit à petit, comment une cohésion dans la classe se faisait plus palpable, comment la certitude d'avoir fait un voyage, d'avoir vécu une aventure ensemble s'était installée.
Restent quatre heures dans chacune des sept classes pour perfectionner la diction et la mise en voix des textes définitifs, une prochaine étape .... Avec l'impression que le travail entrepris devrait se poursuivre pour que les enfants continuent leurs progrès, leur évolution. C'est frustrant de devoir interrompre un travail quand on sait combien reste à faire... Laisser tourner court l'expérience quand les résultats sont probants, est un crève-coeur.... Il est temps de repenser l'éducation, il est temps de réfléchir et se préoccuper de ce qui est vraiment épanouissant pour les élèves, il est urgent de se poser la question des moyens et des fins tels que nos choix de société voudraient les imposer.... Rogner les budgets et brader le "bien-être dans sa peau" des enfants est un mauvais calcul, réduire le culturel et l'artistique à la portion congrue, ne plus faire appel à l'imagination, au ressort créatif, à la mise en perspective, à la création de liens entre les matières, les sujets, les thèmes et les questionnements, alors qu'on a déjà à faire à une génération d'enfants zappeurs, me fait entrevoir une robotisation standardisée et décervelée de l'être humain dans un proche avenir .... Je crois vraiment qu'il y a danger. Je crois vraiment aux vertus de l’intervenant extérieur en milieu scolaire qui vient insuffler une dynamique, donner un élan, faire progresser autrement l’enfant enfermé dans un système tout comme l’enseignant s’y retrouve lui aussi coincé, contre son gré.
Il y a d’autres apprentissages possibles avec d’autres méthodes qui ne sont pas moins pédagogiques et qui portent des fruits, pourquoi s’en priver ???!

5B, collège du Plateau


La pensée au travers de mon corps vivant
Texte produit par la classe de cinquième B , collège du plateau, avec  Madame Valérie Michel, professeur de Français et Sarah Desprès professeur documentaliste.
        J'ai fermé les yeux toute une heure, j'avais des tourbillons dans la tête, ça se bousculait dans les circonvolutions de mon cerveau, ça circulait dans mon corps, dans ce labyrinthe de déplaçait une sorte de fin nuage léger. J'ai vu mes nerfs qui servaient de circuit de course à mes pensées., engagées dans des petits câbles, des petites décharges électriques montaient au cortex à la vitesse de l'éclair, elles tournaient à gauche, s'arrêtaient à un stop, respectaient la priorité, repartaient. Arrivées à un rond-point, encore à gauche, et tout en haut dirigées vers le bas tout aussi vite. Je sais que je vis en pleine illusion, il y a ce livre que je dois rendre bientôt et je n'en ai lu que 32 pages, je vois un ange qui me donne le frisson, j'ai comme des épnes plnatées dans le corps, je conduis un avion sans bien savoir à quoi servent tous les boutons et les cadrans, j'entends des bébés pleurer, je vois des chevaux galoper dans leur champ, je me sens bien, je vois la mer, je sens le sable chaud, je sens le salé de la mer, j'ai faim, mon ventre gargouille, je vois de bonnes frites toutes chaudes bien croustillantes, et voilà que je m'étouffe avec le rhume, quelle malchance de l'avoir attrapé, je me suggère de me débarasser de toutes mes souffrances. Je regrette d'avoir frappé mon camarade, que diront mes parents? J'ai envie de vomir, j'ai mal partout, au niveau de l'estomac la pensée ne passe pas, embouteillage au niveau du cou, mes yeux brûlent, ils sont rouges, cela entrâine un écoulement d'eau...
Une pensée en particuliers m'a intrigué, elle s'était faite arrêter sur le circuit de ma voix. Les gendarmes lui ont dit de redémarrer. Cette pensée bloquait toute les autres et rien n'allait plus. Plus de réseau, plus d'Internet pour moi. Quand enfin la pensée sortit de ma bouche, je me sentais libéré, mais une claque me réveilla. Et toutes les autres pensées se sont évadées, elles sont remontées par mon nez et sont allées se recoucher, en prenant la voie de mes pieds, J'avais l'impression qu'un courant d'air glacé m'avait refroidi le corps.
......

Du coup me voici sans idée, en avoir est un exercice difficile, j'ai mal à la tête, c'est comme si il y avait un marteau dedans, c'est presque un bombardement, pas possible de penser à autre chose que cette explosion sous le crâne, pas moyen de faire autrement, il faut attendre que le médicament fasse effet ....
........Mince! plus de douleur mais....
Pas d'inspiration Le messager est passé par tous les nerfs mais il n'a rien trouvé. Le stress m'angoisse, de plus en plus! Comment vais-je faire pour trouver une idée......
Bon, envoyons un plus grand nombre de messagers, peut-être trouveront-ils plus d'informations dans les petits recoins du cerveau. ...
Toujours pas d'inspiration.. Je vais devoir appeler l'inspecteur oreille pour savoir s'il a entendu quelque chose, à l'inspecteur oeil s'il a vu, et à l'inspecteur bouche pour savoir s'il a avalé quelque chose... Non, hélas rien. Il y a par contre des suspects : les neurones, ils deviennent feignants...

"Ohé, le commandement? T'as pas un ordre de la pensée à me donner pour le coude?
·         si si, il arrive, vois le terminal du nerf numéro deux, tiens attrape!
·         dis, on prend où à la prochaine bifurcation?
·         A gauche
·         d'accord, j'y vais ....
un peu plus tard mais très vite
·         M'y voici rendu je crois .., eh, toi, prends ce message, il faut le livrer à la salle des machines!
·         Bien sûr, j'y fonce de suite.... mais sur quel bouton faut-il appuyer? Ah oui, celui-là, j'allais oublier! Bon, voilà c'est fait, accrochez vous, ça va plier!.....
.....
·         Appel à la douane, appel à la douane! Je vous demande de stopper le message haine sur le nerf 16. Le messager porteur est très grand, il porte des lunettes, il est unijambiste.
·         Dès que nous le voyons nous le stoppons, bien reçu....
...Voilà! La haine est stoppée, nous la remplaçons par la joie et l'amour, laissez passer le messager maintenant, messager facteur faites votre travail, postez votre stimulation....

.... Aussitôt en moi la joie résonna. (en choeur , tous les récitants)
ALDEMIR Fatma,BODET Marjorie,BOUVET-MARECHALHugo, CHARRIERE, Déborah, CUNY Thomas, DALLOZ-BOURGUIGNON Emma, DEBARROS Hugo, DURAFFOURG Lisa, EL ABDIOUI Najoua, ERSOY Nesrin , FERREIRA Lucie, GODART Maxime, GUERTIN Timothé, GUILLON Julie, HUBERT Léo, KESKIN Derya, KILIC Mevlut, LACOMBE ElsaL, EPOSTELEC Stéphanie, PANISSET Lucie, PIRAT Corentin, ROBARDET Maëlle, SAYGI Fatih, VERMOT DES ROCHES Thomas, YASAR Ferhat.

CE2, école du faubourg


Texte produit par les élèves de l’école du faubourg, classe de CE2 de Mickael Blondeau, qui sera présenté le 26 mai lors de la représentation collective  à la salle des fêtes de ST-Claude.
Mon corps est vivant

Allongé par terre,
mes mains sur mon ventre,
il pleuvait de l'air.
Chassées jusque dans mes pieds mes idées
mes pensées
toute la place était pour l'air
dans mon corps gonflé
puis dégonflé
comme un ballon.


Allongé par terre
mes mains sur mon ventre chaud,
je sens l'air me chatouiller la gorge
comme le ferait une plume.
Toutes mes pensées m'échappent,
je me sens m'envoler
me détacher de mon corps,
mais quelque chose s'accroche à moi
comme un arbre au dedans de moi
et je tousse pour m'en débarasser.


Allongé par terre
je sens mes mains sur mon ventre
devenir faibles
comme des fruits
et mon ventre animal va les manger.
Puis des rafales parcourent mon corps,
des tornades visitent ma tête,
mon ventre est devenu un pont de vent
que je ne peux pas traverser.


Debout par terre
posé sur mes gros orteils, sur mes deux talons,
mes deux pieds parallèles
sont comme une balance
mes genoux pliés de telle sorte que je ne sens plus mes rotules
je me sens m'enfoncer dans le sol
mon poids appuie tellement qu'il s'infiltre dans mes muscles
en remontant vers le haut de mon corps.

Debout par terre
mon coeur se transforme en une pierre lisse
mes muscles se battent contre la pierre
mon dos est en sueur et mes jambes en coton.
Mes doigts sont douloureux.
Une montagne s'est écroulée et va effondrer le plafond.
Il faut tendre et raidir mes bras
mes ligament se durcissent
craquent claquent
De pousser mes bras fatigués s'affaiblisssent.


Debout par terre
je ne sens plus ma force.
La poussée le long de la colonne vertébrale m'a ouvert la tête
mais mes avant-coudes mes après-bras mes bras jumeaux
se couvrent de plumes des ailes me poussent
le sol monte dans les airs et le plafond n'existe plus
parti
mes bras ne poussent plus que dans le mou des nuages.

Debout par terre
à force de m'étirer mes épaules semblent se détacher de mon corps
Je me sens grandir et devenir forte
mon dos bascule
ma tête et mon cou s'allongent
mes bras prennent de l'élan
mes os menaçent de casser.


Debout par terre
est-ce un arbre géant
est-ce un gros diamant
est-ce un trésor fait de bijoux en or
le sol me parle d'un trophée
mes bras sont encombrés
je regarde le plafond
plus besoin de pousser
je me sens mieux
mon corps peut se relâcher.

Batuhan,Amin,Axel,Léa, Bilel, Nessrine, Noah, Meryem, Omer, Mounir, Aysemur, Mouhammed, Kilian, Anasse, Abdullah, Shaïma, Kenza, Dilhan, Anaïs, Rumeysa, Salima, Dounia.

jeudi 7 avril 2011

Collège du PSS, texte final, 6B

Classe de sixième B , Le pré saint-Sauveur, Bernard Gobert

POUR .....
devenir COBRA, prendre d'abord un corps humain
détacher lui ses membres
ôter la tête et la passer sous un rouleau compresseur.
Tranférer tout le poids du corps sur le ventre
puisqu'il ne peut plus reposer sur les pieds.
Sentir que le corps en est tout ébranlé, toujours secoué.
Pour avoir une vie meilleure partir en Egypte, renaître
tel un nouveau-né refaire encore et encore peau neuve
toute sa vie muer, sept fois comme les chats.
Se méfier des migales du désert, des labyrinthes de Kéops
essayer de trouver l'âme soeur.

Procéder à un moment d'arrrêt.
Une musique douce m'entraîne à danser vers le charmeur
devenu mon maître.
Ramper, toujours ramper sans s'arrêter
malgrè les obstacles à éviter
malgré la menace des rapaces
malgré les cailloux qui me déchirent le corps
tout égratigné
ramper.
Jusqu'à la mort.

Pour être un MAMBA NOIR
peindre une forêt
des branches
se cacher derrière un arbre
attendre et encore attendre.
Fourcher sa langue, écailer sa peau, se mettre au ras du sol.
Quand je suis prêt malgré mal au ventre
je mobilise toute ma force pour me dresser
De tout mon venin je mords un paragraphe
les mots se sont envolés alors
jouer du mambo sur la peau du petit mamba.


Pour être un POISSON ROUGE aussitôt se mettre à l'eau
ne pas porter de chapeau
rester léger pour apprendre à nager.
Une fois porté glaglacé dans les courants frileux
trouver où loger, où se reposer.
Former des amitiés avec les coreaux, avec les anémones mais avant tout:
rétrécir.
Ne pas se faire électrocuter par des files de méduses.
Ne pas se laisser piquer ou piéger par les algues
et si elles vous bloquent les brouter jusqu'à ce que vous soyez délivré..
Insister et gober, continuer de rêver..

Mais quelle horreur de perdre la tête à se la cogner contre la paroi du bocal ...
Se réveilller.
Pour être une VIPERE
avoir quelques pierres
jaunes de préférence à la manière du citron vert.
Ménager une ouverture entre elles
pour que la vie rampe dedans.
Rapetisser
changer sa peau douce sa peau mousse
contre une peau écaillée
une peau hérisson de paillasson.
Se choisir une langue longue et fourchue bien pendue.
Plus question de rester sous la couette
Puisque sang foid : lézarder au soleil

Se résigner à vivre le nez par terre, ne plus voir la mer,
accepter un corps vibrant, des yeux déficiants.
Avoir confiance en son ouïe et en son odorat.
Ne pas avoir peur du venin qui coule dans votre bouche;
Savoir se laisser porter par le vent et les courants,
de cette façon devenir vouivre , cela ne durera qu'un instant.
Atterrie sur la planète Nuptan, exploser comme une baudruche.


Pour être une SANGSUE trouver une ventouse tout en se vantant
d'être docteur es-crampon.
Se tailler les dents bien pointues, se prendre pour un vampire qui tue.
Espérer trouver une proie de votre choix
déguster un anchois, et un mois plus tard dévorer une oie.
Se sucer les dix doigts , les tremper dans le ruisseau à Rousseau,
boire de l'eau aromatisée aux mots,
Se faire attrapper,
finir comme appât au bout d'une canne à pêche,
regretter de n'être pas devenue vipère.


Pour être un ESCARGOT
bien gonfler son dos pour arrondir sa coque calcaire
sa coque colorée sa coquille
paralyser ses bras et ses jambes
jusqu'à ce qu'ils disparaissent.
Trouver un jardin avec quelque chose de bon à manger.
A l'ombre, dans l'humidité
se coucher par terre et ramper
glisser tout doucement
toujours bien tranquillement
Eviter les routes et le soleil, vers les étangs.il faut se diriger
Sentir les feuilles vous chatouiller le pied, les herbes vous caresser.
se trouver gluant rêver de voler
Trouver de la valeur au silence.

mardi 5 avril 2011

Ecole des Bouchoux, texte final des CM1-M2


Ecole des Bouchoux, classe CM1-CM2, Isabelle Kolly


La terre à un corps , elle a une vie aussi et moi...

Je me suis balancé
et encore
balancé
gauche-droite gauche-droite gauche
à faire l'horloge
j'en ai oublié l'heure
oubliées mes jambes de bois
mes jambes de pierre
j'étais dans le vide
en apesanteur
aussi léger qu'une plume aussi
soyeux que le nuage aussi fragileaussi
coloré que le papillon
aussi fin qu'un cheveu
aussi argenté qu'une feuille
aussi glacé aussi glissant qu'un
flocon
avec l'impression de tomber
tomber tomber tomber ....
alors le calme est entré en moi.


La terre à un corps , elle a une vie aussi et moi...

J'ai respiré et encore respiré, inspiré, expiré, et puis j'ai soufflé ma voix et tout mon  corps vibrait. De tant vibrer j'ai baillé, comme une envie d dormir, puis j'avais la sensation de m'évanouir dans ce bourdon, dans ce ronron envahissant mon crâne. Ma tête était comme une ruche, elle contenait une nuée d'abeilles, une nuées d'insectes. Ce bruit a persisté longtemps encore après que je me sois tu. J'ai vibré encore sous mes yeux fermés.

La terre a un corps. Son berceau est l'univers.
La terre a un corps que l'on laboure.
Elle a une vie aussi.
La terre a un corps et les pays sont ses habits, les sapins sont la laine tricotée comme un pull, son pantalon est humide et ses chaussures sont de glace.
Dans ses veines circulent du sang et des globules.

La terre a des jambes de bois que le vent fait bouger, ce sont les arbres.
La terre a un nez en forme de champignon, quelle idée!

Depuis mon jardin plein de salades et d'escargots je suis parti(e) explorer le noyau de la terre. J'ai d'abord constaté que les sangliers avaient creusé. J'ai suivi les racines dans leur recherche de nourriture. J'ai vu les taupes et les lapins dans leur terrier et puis je suis descendu(e) dans les grottes où j'ai vu des Trolls se tortiller et tomber dans des trous. Je suis à mon tour passé(e) par ces trous, des souterrains où les vers poursuivent le projet plissé de la nature. Arrivé(e) près du centre, j'ai vu le magma, les fleuves de lave couler comme des cascades qui seraient du poison pour les poissons. J'ai compris que la terre pouvait se déchaîner, éructer, et qu'alors la mer se mettait à éclabousser, à tousser.
J'ai vu la terre se plier exactement comme une feuille de papier. J'ai vu les montagnes pliées, une pente d'herbe d'un côté, un ruisseau, et plus haut l'air et le feu. La terre a un corps, elle a une vie aussi. Et quand elle est jalouse, elle explose. Quand elle tremble, des îles se forment et les bateaux sur les vagues sont en danger, attention aux récifs.

La terre change de visage, change de plis, en fonction des quatre saisons.

Quand elle enfile son grand bonnet blanc sur sa tête, sa robe la mer dans ses plis de glace se fige.

Quand je vois au printemps ses verts cheveux pousser, je lui dis: mets tes barettes! je vois aussi que le ruisseau pleure de joie. Les jonquilles et les myrtilles forment un tapis. Et  les bourgeons comme les boutons de coquelicots sont prêts à exploser.

Quand je vois ses couleurs se refléter dans les flaques, quand le vent pousse les nuages dans le ciel, que les feuilles tourbillonnent et se déposent au sol, Ne dirait-on pas des confettis? C'est comme si la terre allait à une fête. Quand je vois les cynorhodons dorés, je sais que  l'automne est là.  Alors les lamelles des champignons, qu'ils soient vénéneux ou délicieux, alors les lamelles sont mes rayons de soleil sous la pluie.

La terre a un corps, elle a une vie aussi, elle nous montre ses plissements à chaque pas à chaque mot à chaque ligne.

Collège du PSS, texte final, 4ème A


Classe de quatrième SEGPA, ( élèves en grande difficulté)
Pré Saint-Sauveur, Sylvie Poidras, avec la participation de Bambina Grillo, intervenante théâtre dans cette classe.


L'ours polaire n'ayant plus de territoire
se rappoche des villages des hommes.
En faisant les poubelles de plastique  il pourra se tisser
une banquise qui ne fond pas ..... ET si ....


Si les avions savaient plier ils aimeraient plonger.
Si les arbres ssavaient plier ils aimeraient danser, ils aimeraient cueillir des fleurs.

Si les papillons savaient plier ils aimeraient vivre pour l'éternité.
Si les dinosaures savaient plier ils aimeraient revivre.
Si les hommes de Cromagnon savaient plier ils aimeraient aimer.

Si la tempête savait plier elle aimerait tout effacer.

Si la Tour Eiffel savait plier elle aimerait parler aux hirondelles.
Si la brousse savait plier elle aimerait dormir en regardant la grande ourse.

Si les sensations savaient plier elles aimeraient frissonner.

Mais oui et si!

Le soleil vieillit la peau.  Le promeneur décide de sortir au couchant, il hésite au carrefour. Il accompagne la danseuse à l'éventail dont le coiffeur a bouclé les cheveux,  elle danse avec sa camarade qui hausse les épaules.    Eblouies elles clignent des yeux en rythme. Le gendarme  dont l'acccordéon est accrroché dans le placard, pointe du doigt, il surveille l'enfant qui a jeté une boule de neige. L'escargot au jardin mange une feuille en les écoutant chanter, tandis que le lièvre bondit de joie en les suivant. La chauve-souris sort de sa grotte près d'un manoir désert. Le vent déracine les arbres pourtant les enfants rament sur la mer.



Et si plier....
                             plier c'est

cheville vertèbre cou nuque
escalade
jouer au foot
attraper
paupière lèvres épaules
hausser
cligner
ramer
les poignets
genou phalanges
mâchoires
manger
oui non plier c'est

attention à toi
bonjour au-revoir
c'est se confier
exploser de rire
je t'ai à l'oeil demande pardon
rendre grace
plier
c'est situation génante
mains genoux coude
transformation
maladie et joie de vivre
plier
 prestidigitation et jonglerie
dans plier il y a lire il y a reli il y a ri
plier a tout pour plaire




Assia Aïb, Farah Bekkadour, Cumeÿt Buba, Youssef Buchaillard, Alexandre Degeorge, Maria Essabar, Omer Grillot, Elise Hirrel, Ophélie Macloud, Békir Odabas, Brandon Phinasssa, Younès Regouli, Jimmy Reverberi, Célia Roch.

Collège Rosset, texte final, 6ème 2


COLLEGE ROSSET Classe de sixième II    Anne Ozil avec l'aide de Claudine Madesclair, documentaliste.

Le saviez-vous?
Les histoires viennent la nuit

quand on dort
avec nos anciens rêves

dans les mouvements de notre coeur
dans nos songes

et nos pensées
elles viennent et donnent des idées ...

C'est ce qu'on appelle l'imagination...
Le saviez-vous?

Le saviez-vous?

Dans la terre je suis noyau.
Je suis un peu trop gros.
Les vers de terre aèrent ma terre.
Au dessus de moi le pré tout vert.
Et ma tige pousse en plein air.
J'ai soif et je bois de l'eau.
Mes branches grandissent aussitôt.
Les feuilles sortent, les bourgeaons éclosent.
Les fleurs quittent leurs manteaux
Et vont donner naissance ensuite
A de magnifiques petites prunes
récoltées dans des seaux
Depuis un escabeau
En séchant deviendront
De jolis et bons pruneaux
Pour faire des gâteaux.

Le saviez-vous?
Les histoires viennent la nuit
quand on dort
avec nos anciens rêves.

Le saviez-vous?

je suis une graine au début
quand on m'arrose je grandis
germe je suis   puis crochet

Avec élégance ma tige se déplie
tout joli je suis    un bouton grandit
une feuille se déplie
puis deux et trois
et encore une autre par ici .

De mon bouton éclot la fleur si jolie
mes pétales grandissent jour et nuit
et j'ai enfin fleuri.


Le saviez-vous?
Les histoires viennent la nuit

dans les mouvements de notre coeur
dans nos songes

Le saviez-vous?

Il était un petit serpent
pirouette cacahuète
qui avait une drôle de maisonnette
En été dans la savane Jurassienne


Ce serpent à casquette
a fait son nid dans une brouette.
Dans son oeuf enroulé
hésitant à montrer sa frêle silhouette
le bébé serpent sort le nez de sa coquille brisée.


Il était un petit serpent
pirouette cacahuète
Son père dévore tout cru ses proies
mulots campagnoles pour le serpent
des champs et du beau temps
Un beau jour le petit serpent

pirouette cacahuète
pleure de chagrin
A l'étroit dans sa peau desséchée
il ne peut plus ramper
ni se plier ni se déplier
Il se frotte et se tortille contre la roche

écaille après écaille sa peau tombe
comme une vieille chaussette.
Après avoir hiberner
le petit serpent sort de son abri
une simple entaille dans le rocher.
Il lui semble que son coeur zigzague vaguement.

Pirouette cacahuète
il rencontre une couleuvrette
dans un labyrinthe de rocailles.
Mais l'arrivée d'une chouette
pirouette cacahuète
le décide à se réfugier sous sa couette

vite méandre vite serpente
petit serpent à lunettes.
Un braconnier passant par là lui dit
petit serpent tu as une langue
 qui ressemble à ma serpette
et le serpent lui répond

en lui crachant son venin.
Puis fatigué de sa journée
il se replie en spirale et s'endort
pirouette cacahuète.
Notre serpent à trompette se met à rêver

qu'il est un serpent des sables
et qu'il écrit d'innombrables vagues
dans le désert avant de se cacher
sous les ruines d'un temple.
Il se met à rêver

pirouette cacahuète
qu'il prend une voiturette
pour se rendre à la superette
où il achète une savonnette.

Il rêve encore qu'il se retrouve dans une galette
qu'il sera le roi des serpents
Il se réveille en entendant
une fillette chanter
allouette je te plumerai
il était un petit serpent
pirouette cacahuète.

Le saviez-vous?
Les histoires viennent la nuit

dans nos pensées
elles viennent

C'est ce qu'on appelle l'imagination...

Le saviez-vous?

Collège Rosset, texte final, 6ème3


Collège ROSSET  Sixième III  classe Liz Truptil avec l'aide de Claudine Madesclair, documentaliste

bruitage
respirations
le boum boum boum boum

Et un, et deux  et trois ....

mon coeur bat et me libère du chagrin
"c'est dans mon corps ça je le sais"

dans mon rêve se déplient mes sentiments qui révèlent mes émotions , c'est un endroit où se déplie ma mémoire aussi. Je me répare et par le rêve déplié le triste se transforme en joie.


quand on dort on replie son corps et on déplie ses rêves             
quand on se réveille on déplie son corps et on replie ses rêves


Un bruit a jailli en provenance de la cuisine et me réveille. Mon chat miaule tristement, puis il ouvre grand sa gueule . Il se ramasse sur lui-même, il saute et tend sa patte avant pour atteindre la poignée de la porte. Je me frotte les yeux de mes poings fermés.

7h 03 Ma  mère à pas de loup arrive et fait grincer le parquet.
"C'est l'heure", dit-elle.

Et un et deux et trois .....

1,2,3, SOLEIL

Comme l'étoile qui scintille et bat au ciel,
la graine est une étoile qui fait pousser mes sentiments,
qui  déplie son chemin dans les replis de mon coeur,
alors chantez maintenant
1,2, 3, bonheur

Le volcan pleure, sa lave coule comme des larmes,
la mort le hante et sa colère éclabousse, mais il n'est pas méchant,
le vent se lève et va sécher ses larmes
1,2,3, ouragan
Le pli de l'éventail n'est que l'image du pli fait
dans l'imagination., un dessin comme celui de notre coeur
1,2, 3, amitié

Pour la fête des mères une petite fille offre une rose .
Elle s'épanouit et déplie ses pétales multicolores
1,2,3 été

Se pliant contre l'eau
en rampant se dépliant au sol
les flammes plient la fraîcheur et déplient la chaleur.
Les flammes brûleront le chat à l'heure et deviendront fraîches à son heure
dans l'infini du temps
1,2,3  automne

Dans les plis de la goutte d'eau
le calcaire
petit à petit fait pousser un stalactite qui s'épaissit
dans les plis de la grotte où l'ours est roulé en boule.
1,2,3 hiver

La graine médite
écoute le gel lui raconter l'histoire du vent.
Son haleine assez douce pour lui faire gonfler les lèvres.
1,2,3 printemps

Les nuages font plaisir au soleil
ils lui emplissent le coeur
de magie et de beauté
1,2,3  chantez

Quelques pétales de roses et le coeur s'emballe
les plis de la fleur nous ramènent à notre destineé
la rose fait naître l'enfant qui trace notre chemin
1,2,3, marchez

Quand l'estomac se creuse il me plie
il me fait souffrir
1,2,3 manger

Chatouillée par les algues
la mer rugit à son rythme
elle pousse des cris de vagues
qui se mêle au chant des baleines
La mer écrit sa mélodie
1,2,3 dansez

Un tourbillon de fumée blanche
me pique les yeux qui pleurent
une larme coule sur ma joue rougie
en déposant sa trace transparente
1,2,3 visage

Prenez un éventail de gorges où se forment de petits torrents
qui se rejoignent pour devenir cascades
1,2,3 montagne

Une fourmi n'a que ses mandibules pour se défendre
la rose n'a que ses épines contre ses ennemis
chaque jour elle décolle un pétale qui s'envole
1,2,3 ciel bleu

Dans le ciel bleu le nuage a la rage
le soleil rigole en lui envoyant ses rayons
depuis les plis éblouis de mes yeux
je sens mon coeur se gonfler de joie
1,2,3 lumière

Sur les parois plissées
dans les recoins habités de toiles d'araignées
les moustiques et les mouches sont coincées.
Les chauves-souris repliées au plafond dorment d'un profond sommeil.
Les fossiles lentements déplient le temps.
1,2,3 étincelle

Une maison neuve prend feu
comme une danseuse l'incendie recroqueville les murs
1,2, 3  écroulé

Un rideau de neige se plie sur les montagnes
en formant une épaisse couche
jusqu'à la rivière gelée.
Pliée sous les pas elle peut entraîner une avalanche
qui libère une douce sensation de gel
glissée sur une peau irritée.
1,2,3 accident

Yeux plissés le parachutiste tire sur les ficelles
du parachute qui refuse de s'ouvrir.
Les branches d'un arbre amortissent sa chute
et pourtant le plié en quatre ne rit plus
1,2,3  douleur

La fille à l'éventail déplie son orgueil
déplie sa fierté
1,2,3 dentelle

Dans les plis du buisson penché par le vent
se cachent des nids plein d'oisillons avec leurs parents
pendant que les épines griffent les feuilles
1,2,3 rafale

quand on dort on replie son corps et on déplie ses rêves   
"c'est dans mon corps ça je le sais"
mon coeur bat et me libère du chagrin
le boum boum boum boum                          respirations bruitages    et...  FIN


La sixième 3

Abismail Abed-Hakim;Aslan Ertugrul; Bakim Hasan;Chihi Adem, Chihi Aya; De Freitas Carla;Dincturk Mehmet; Gros Andrea; Ibar Rim, Jacquin Mathilde, Jannet Romaric, Lambolez Kévin; Masson Maureen; Muyard Léo; Peillex Gregory; Rolffs Nicolas, Roussier Marion; Sid Nawel; Souksamlane Roland; Vandroux Sarhas; Varenne Romane; Vernier Matthias; Yazici Seren.

Collège du PSS, 4ème séance



TOUS ENSEMBLE TOUS ENSEMBLE !!!

POUR AVANCER SUR UNE MÊME LIGNE TOUS ENSEMBLE .....

Eviter le ré-flexe
de regarder ses pieds
Ne pas sous-estimer l'exercice
observer les autres sans se faire de signes.
Lever la tête, fixer le regard dans le miroir
ou bien fermer les yeux
sans se laisser déséquilibrer,
poser sa main sur l'épaule du voisin,
sentir s'il est devant ou derrière,
s'adapter,
ne faire aucun bruit,
sentir la densité du silence,
ne pas trembler,  ne pas se raidir,
se détendre,
repérer à droite et à gauche
où en sont les autres,
ne pas aller trop vite pour que les plus petits,
ne pas aller trop lentement pour que les plus grands,
suivent en même temps la ligne,
garder sa concentration,
attention comme construction
ou conversion....
Devenir flexible
plier, déplier, replier
mes jambes
Pierre devenu escargot et Léa vipère
Que faire?
Qui suivre?
Guider?
Se laisser guider?
Affiner les stratégies?
se mettre d'accord?
Les yeux fermés
Où suis-je?
Vais-je tomber dans le vide?
Vais-je finir plissée? Ridée?
Les dés sont lancés
que me réserve la chance .... double six
qu'est-ce qui m'arrive
Ma peau? Dé-colorée
dès l'arrêt dès le stop ordonné
dés-espérée
ça n'a pas marcher!
Alors recommencer.
Pour marcher tous ensemble alignés
avancer tous en coeur
tous à la même hauteur
tous comme un seul
un seul nom un seul auteur
ne pas avoir peur
tous s'imaginer facteurs
avoir qui sait la même odeur
tous qui sait être menteurs
de va et viens en va-t-en
de vagues en valses avancer revenir
tous ensemble alignés
trouver une valeur au silence.